les effets pathogènes des amiantes

C'est essentiellement au niveau de l'appareil respiratoire que s'établissent des pathologies spécifiques liées à l'inhalation d'amiante : asbestose, atteintes non cancéreuses de la plèvre, cancer du poumon et mésothéliome.
D'autres localisations de cancer sont évoquées par la littérature scientifique : larynx, appareil digestif, colon, rectum et appareil uro-génital mais ne sont pas scientifiquement établies, à l'exception du mésothéliome péritonéal.
Le danger de l'amiante est donc celui de l'inhalation des fibres dégagées par ce matériau.
L'absorption par voie buccale d'amiante contenu dans l'eau potable a soulevé des interrogations aux États-Unis, il y a quelques années, mais rien ne permet de dire que l'ingestion d'amiante a des effets sur la santé.
Les effets pathogènes de l'amiante sont donc liés au caractère indestructible des fibres, à leur dépôt dans le tissu pulmonaire, et à leur migration facile vers l'enveloppe du poumon, constituée par la plèvre, et vers le péritoine.
L'amiante est en effet composé de fibres, dont la taille et le diamètre sont différents suivant la variété d'amiante et qui, lorsqu'elles sont inhalées, peuvent pénétrer jusqu'au fond de l'appareil respiratoire, c'est-à-dire jusqu'aux alvéoles, par lesquelles s'effectuent les échanges gazeux entre l'air et la circulation sanguine.
En moyenne, une fibre d'amiante est de 400 à 2.000 fois plus petite qu'un cheveu humain et n'est pas décelable à l'œil nu, dans le mouvement des poussières.
Les caractéristiques granulométriques des fibres (longueur et diamètre) ont une importance majeure pour le comportement des fibres dans l'appareil respiratoire :
- au niveau du site de déposition (zone de conduction bronchique ou zone d'échange alvéolaire) et au niveau de l'épuration (épuration micro-ciliaire bronchique et épuration macrophagique alvéolaire), les plus longues étant les plus persistantes,
- au niveau des effets cellulaires et tissulaires (fibroses et cancers), les plus longues et les plus fines étant les plus toxiques.
A la suite de nombreuses études scientifiques et par consensus international, il a été admis de ne retenir comme dangereuses (donc soumises à surveillance dans le milieu de travail) que les fibres d'une longueur supérieure ou égale à 5 microns, d'un diamètre inférieur à 3 microns et d'un rapport longueur sur diamètre supérieur ou égal à 3/1.
L'amiante inhalé peut provoquer des asbestoses et des atteintes pleurales bénignes, mais surtout deux complications redoutables : les cancers du poumon et les mésothéliomes.

les asbestoses

Dès 1906 et 1907 ont été décrits pour la première fois des cas de fibroses pulmonaires liées à l'amiante. L'étude que M. AURIBAULT, inspecteur départemental du travail, a réalisé sur les travailleurs de l'usine textile de Condé sur Noireau met en évidence la particularité de ce qu'il appelle alors des pneumoconioses et la forte mortalité que ces maladies génèrent : 50 décès en cinq ans, de 1890 à 1895.
Les fibroses pulmonaires se manifestent par des épaississements de la paroi alvéolaire qui gênent les échanges gazeux et donc l'oxygénation du sang. Le poumon perd alors progressivement son élasticité.
La maladie n'est détectable au début que par des examens de type radiologique ou par exploration fonctionnelle respiratoire, les signes cliniques étant très progressifs et tardifs.
Caractérisée par un essoufflement des patients, elle n'apparaît en général qu'au bout de plusieurs années et évolue vers une insuffisance respiratoire chronique, qui peut être mortelle. De nombreuses causes ont été identifiées : poussières (silice), mais aussi produits chimiques, médicaments, etc...
Parfois, aucune des causes classiques n'est identifiable.
L'asbestose (ou amiantose, pour les Canadiens) est la fibrose pulmonaire occasionnée par l'amiante. Elle est caractéristique d'une exposition à l'amiante à des niveaux particulièrement élevés (de plus de 1 f/ml pendant 40 ans).
C'est donc une maladie liée aux fortes expositions antérieures aux années 1970. En voie de disparition dans les pays industrialisés, en raison des diminutions considérables des taux d'exposition à l'amiante auxquelles il a été procédé en milieu de travail, cette maladie pourrait très bien
réapparaître dans le nouveau secteur industriel du désamiantage, en cas de non-application de la réglementation (cas des chantiers " sauvages ").


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