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AUJOURD'HUI, s'ouvre à Mâcon, devant le tribunal des affaires de Sécurité sociale, l'un des plus importants procès de l'amiante depuis l'interdiction de ce matériau, le 1er janvier 1997. Douze victimes de contamination par l'amiante (6 malades et 6 veuves d'ouvriers décédés de mésothéliome) de la société Eternit de Vitry-en-Charolais (près de Paray-le-Monial, en Saône-et-Loire) posent pour la première fois et de façon systématique le problème de la réparation intégrale du préjudice subi pour tous les salariés atteints de maladies professionnelles. Soutenus par le CAPER de Bourgogne - Franche-Comté (Comité amiante prévenir et réparer), créé à l'initiative des Mutuelles de France (FMF), qui regroupe plus de 200 adhérents, mutuelles, associations, syndicats, individuels, représentant plus de 100.000 personnes, ils sont défendus par Me Jean-Paul Teissonière (avocat de la Fédération du bâtiment CGT et aussi de l'ANDEVA). Les 12 plaignants demandent, premièrement, que la prescription de deux ans ne soit pas opposée aux victimes. N'ayant pas été dûment informés des causes de la contamination, ces dernières n'ont pas pu faire valoir leurs droits en temps et en heure. Deuxième point, la reconnaissance systématique de la faute inexcusable des employeurs qui, connaissant la nature du danger, n'ont pas assuré la sécurité de leurs salariés. Troisièmement, la réparation du préjudice subi par les victimes et leurs familles, comparable à celle établie par la jurisprudence à l'occasion de l'affaire du sang contaminé (préjudice exceptionnel de contamination).
Quatre-vingt-deux autres recours ont déjà été introduits en France, notamment devant les tribunaux de Valenciennes, Clermont-Ferrand et Melun. Appelé à faire jurisprudence, ce premier procès sera de grande importance pour l'ensemble des victimes passées, présentes et futures (on estime à plus de 500.000 personnes les salariés de l'industrie qui peuvent être concernés).
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